Qualité de l'air à Paris - Yves Contassot a appelé à la responsabilité de l'État et de la région

Madame la Maire, chers collègues,


L’étude TRUE menée par l’ICCT sur les émissions réelles des véhicules motorisés à Paris restera probablement dans les annales de l’histoire de la Ville et de sa victoire future contre la pollution de l’air, responsable de milliers de morts prématurées chaque année.

Quels en sont les principaux enseignements ?


Tout d’abord, que tous les véhicules motorisés émettent beaucoup plus que les normes qu’ils sont censés respecter. Ensuite, que les moteurs diesels sont, de loin, les plus mauvais élèves, et polluent sans commune mesure avec les véhicules essence. Par ailleurs, nous apprenons également que les deux roues motorisés polluent beaucoup plus que les voitures, et que leurs normes sont extrêmement en retard, alors que leur part modale augmente. Enfin, les fortes températures, supérieures à 30°C comme cet été, entrainent une très forte augmentation des émissions des moteurs, notamment diesels, entrainant des pics de pollution à l’ozone.


De ces constats, il convient d’en tirer des conséquences :


Il n’est plus concevable de laisser les constructeurs mentir et profiter d’un système de contrôle et de normes, défaillant et inadapté. Les normes Euro sur lesquelles repose notamment notre système Crit’Air ne sont pas fiables. Il est donc urgent de réviser tout le système de certification Euro, avec notamment des contrôles en situation réelle y compris dans des conditions de températures élevées, désormais fréquentes. Il faudra également faire pression sur les constructeurs pour accélérer le rattrapage des deux-roues motorisés.


Au niveau national, le système Crit’Air devra lui aussi être amélioré. Il n’est notamment pas entendable d’accorder un tel traitement de faveur des deux-roues motorisées par rapport notamment aux voitures à essence.


Au niveau local, nous devons, avec la Préfecture de Police, réviser les procédures d’urgence face aux pics de chaleur et de pollution. Les moyens techniques et humains doivent être mobilisés pour le respect de ces mesures, c’est une nécessité absolue.


La mise en place de la ZFE et la sortie prévue des véhicules diesels d’ici 2024, est retardée et menacée par l’État et la Région qui ne respectent pas leurs engagements, qu’il s’agisse du financement des contrôles automatisés, du renforcement des transports en commun et de leur accessibilité, ou des aides au changement de véhicule.


Dans le même temps, la recherche et la prévention sur les particules ultrafines doivent se développer et une vigilance extrême s’appliquer sur ces menaces encore peu connues.


Madame la Maire, chers collègues, la Mairie de Paris a aujourd’hui une légitimité et des arguments plus forts que jamais pour faire entendre sa voix et appeler à la responsabilité l’État et la Région, au nom de la vie et de la santé de milliers de Parisiennes et Parisiens.



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