Pour la sauvegarde des terres agricoles du Triangle de Gonesse

Vœu relatif à la sauvegarde des terres agricoles du Triangle de Gonesse

Déposé par Léa Filoche, Yves Contassot et les élu·e·s du groupe Génération-s


Considérant les nombreux vœux d’ores et déjà présentés en Conseil de Paris sur ce sujet.


Considérant l’actualité récente et l’arrêté pris par le Préfet du Val-d’Oise déclarant d’utilité publique l’opération d’aménagement du Triangle de Gonesse le 20 décembre 2018.


Considérant la mobilisation citoyenne importante liée aux impacts environnementaux et économiques du centre de loisirs Europa City, mais également l’opposition de nombreuses collectivités locales telles que le département de Seine-Saint-Denis, Le Bourget, Aulnay et Aulnay-sous-Bois, Tremblay en France, le Blanc-Mesnil.


Considérant le rapport de l’enquête publique, dont les conclusions désapprouvent la révision du Plan local d’urbanisme (PLU) de Gonesse pour des motifs environnementaux en 2017.


Considérant qu’en mars 2018, la justice avait donné raison aux opposants en annulant un arrêté préfectoral pris en septembre 2016 et créant la zone d’aménagement concertée (ZAC) du Triangle de Gonesse, décision pour laquelle l’Etat a fait appel.


Considérant les recours contre le PLU, et les autres procédures en cours (notamment permis de construire et autorisation commerciale pas encore délivrés).


Considérant l’impact de ce complexe commercial gigantesque sur les commerçant·e·s des communes et départements voisins, dans un contexte de dévitalisation des centres-villes et commerces de proximité.


Considérant les flux supplémentaires de déplacements locaux, nationaux et internationaux engendrés, dans un contexte régional de saturation des moyens de transports publics et privés et de pollution de l’air contraire aux normes européennes.


Considérant que l’aménagement du Triangle de Gonesse impacterait 80 hectares de terres agricoles.


Considérant la perte importante de terres agricoles dans la dernière décennie en Ile-de-France et dans la Métropole,


Considérant la demande croissante des Parisien·ne·s pour avoir accès à une alimentation de proximité de qualité


Considérant l’opportunité que représentent ces terres agricoles dans la volonté de la ville de Paris de développer son autonomie alimentaire.


Considérant les actions diverses de la ville de Paris en matière de désimperméabilisation des sols et de valorisation des circuits courts dans le secteur alimentaire, concrétisées dans le Plan climat de la ville de Paris.


Considérant que la contribution de l’alimentation au bilan carbone métropolitain est de 23% et celle du transport de marchandises de 21%,


Considérant que, malgré la proximité de plusieurs bassins agricoles autour de l’agglomération parisienne, la distance moyenne d’approvisionnement alimentaire de l’Île-de-France est passée en l’espace de deux siècles de 150 à 660 kilomètres.


Considérant l’opportunité que représentent ces terres pour fournir nos cuisines et restaurants municipaux en produits de saison, locaux, de qualité.


Considérant les orientations affichées par la Métropole du Grand Paris, sa Stratégie Nature et son Plan Climat Air Energie Métropolitain, qui vont également dans le sens du développement de l’autonomie alimentaire, de la préservation des terres agricoles, du développement de l’agriculture urbaine et locale respectueuse de l’environnement, des circuits courts et de plus de coopération et de solidarité avec les territoires voisins dans l’Ile-de-France, pour un approvisionnement alimentaire plus local et une meilleure connexion des différents corridors écologiques.


Considérant le Pacte de coopération pour la transition écologique et la résilience des territoires, signé par la MGP, la ville de Paris et l’AMRF, et dont l’un des objectifs est l’amélioration de la résilience alimentaire, ainsi que les circuits courts et le développement économique durable à travers la solidarité entre territoires ruraux et urbains,


Considérant le futur Plan Alimentation Durable métropolitain, et les velléités affichées par de nombreux acteurs de reconstituer une « ceinture maraîchère » autour de la zone dense,


Considérant les propositions alternatives faites par le groupement CARMA et l’association Terre de Liens, qui ont montré la possibilité d’avoir sur la zone des projets de développement respectueux de l’environnement, porteurs d’emplois durables pour le territoire à travers notamment l’agriculture agroécologique et des modes innovants de production, de consommation et d’échange,


Considérant enfin le succès récent de la pétition de « l’affaire du siècle » révélant si besoin en est la demande de justice climatique des Françaises et Français


Sur proposition de Léa Filoche, Yves Contassot, et des élu·e·s Génération·s, le Conseil de Paris :


• Affirme son désaccord à la réalisation du projet Europacity ;


• Affirme sa volonté de conserver les terres agricoles dont la ville est propriétaire, concernées par l’aménagement du Triangle de Gonesse afin d’alimenter les besoins municipaux.


• Demande à la Maire de Paris de porter cette position au niveau métropolitain à travers un vœu lors d’un prochain conseil de la Métropole du Grand Paris.


Carine Petit intervenait en Conseil de Paris le 7 février 2019




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