Créer une police municipale à Paris est une erreur, Pourquoi ?




Que nous révèlent les enquêtes de la Ville de Paris à propos des inquiétudes et besoins des parisiens en matière de sécurité ?


Deux documents récents nous permettent d’avoir une idée plus précise des attentes et besoins des Parisien·ne·s concernant la sécurité dans leur quotidien. Un audit qui rassemble des chiffres et témoignages d’expert·e·s intervenant·e·s dans l’espace public et un sondage effectué directement auprès des Parisien·ne·s. Le principal enseignement qui ressort de ces documents est le besoin croissant d’une présence plus importante sur l’espace public de représentants de la ville de Paris ainsi que de la Police Nationale.

Les Parisien·ne·s sont bien conscient·e·s des diffcultés de coordination, et d’identification de l’ensemble des intervenant·e·s. Ils et elles souhaitent que les règles de régulation de l’espace public soient respectées, : trottinettes, terrasses, nuisances sonores, vie nocturne, personnes à la rue, propreté…


La création d’une Police Municipale apporte-t-elle une réponse au sentiment d’insécurité des parisiens ?


La ville de Paris concentre à elle seule un grand nombre d’évènements, de manifestations culturelles, sportives, sociales, touristiques… Pour un peu plus de 2 millions d’habitant·e·s il y a eu 50 millions de visiteurs·euses en 2018.

Nous considérons que les policiers municipaux ne pourront apporter toutes les réponses aux besoins légitimes des Parisien·ne·s, et en ne répondant pas à ces attentes et besoins, ils pourront même créer d’avantage de frustrations. La question est bien celle de la régulation de l’espace public, au sens très large, et pas seulement de la création d’un statut qui ne modifiera pas le nombre de personnes présentes dans les rues parisiennes.


Quelles seront les compétences des policiers municipaux ?


Elles ne vont pas beaucoup changer par rapport à ce que fait déjà la DPSP (Direction de la Prévention, de la Sécurité et de la Protection) : lutte contre les incivilités ; protection des équipements, des bâtiments et des espaces verts municipaux ; assistance aux catégories les plus fragiles de la population ; tranquillisation des quartiers et des événements festifs ; animation des politiques de prévention ; prévention des risques majeurs.

Nous souhaitons profiter de ce débat pour mettre à plat l’ensemble des missions et responsabilités endossées par les agents de la ville, clarifier les rôles et compétences relevant de la ville ou de la préfecture de police. Et nous souhaitons aussi porter l’idée que le service public de proximité a un coût, certes, mais que c’est un coût permettant à chacun·e des parisien·ne·s de pouvoir trouver sa place dans un espace public très utilisé, et en évolution permanente.

L’État s’est déjà beaucoup désengagé à Paris, la DPSP a connu 2 réformes importantes ces deux dernières années suite à ces désengagements successifs, et à des évolutions statutaires que nous avons par ailleurs souhaitées. Avant de modifier à nouveau ce statut, il nous semble important de faire un bilan et de voir comment nous pourrions améliorer et clarifier la répartition des responsabilités de chacun·e.


Comment interviendront les policiers municipaux ?


Les évolutions promises par la mise en place de la Police Municipale vont demander du temps, des moyens et de la communication. En attendant, nous sommes intervenu·e·s auprès de la Maire afin que les Parisien·ne·s n’aient qu’une seule porte d’entrée concernant leur sécurité dans l’espace public. Nous souhaitons qu’il y ait un numéro unique et qu’après les Parisien·ne·s soient orienté·e·s vers les services de la ville ou ceux de la Préfecture de Police, en fonction du sujet. Nous avons aussi fait en sorte que le numéro d’entrée actuel (qui est encore loin de pouvoir répondre à toutes les demandes, y compris ne matière de sécurité), le 3975, soit désormais gratuit.


Les policiers municipaux seront-ils armés ?


Le statut de policier·e·s municipaux·ales ouvre le droit à l’armement létal, ce que la droite et le centre droit réclament dès à présent, alors que nous considérons que cette prérogative doit rester celle de la police nationale. À ce stade, la Maire de Paris s’est engagée à ce qu’ils ne le soient pas plus armés qu’aujourd’hui (armes de défenses non létales classées dans la 6e catégorie : aérosol de défense lacrymogène ; bâton de défense souple ; menottes). Mais il est certain que ce débat ne va pas s’éteindre de sitôt, ne serait-ce que lorsqu’on observe les évolutions diverses dans de nombreuses villes ayant fait le choix d’une police municipale.


Quels seront les effets de la création d’une police municipale sur les effectifs de la police nationale ?


Les effectifs de police nationale diminuent chaque année depuis une dizaine d’année. Avec la mise en place d’une police municipale, ce serait un argument supplémentaire pour que la Préfecture de Police décide de se désengager davantage du territoire parisien. Une ville capitale et métropole comme Paris doit pouvoir compter sur une Police Nationale formée, dotée de moyens suffisants, et structurée de manière à pouvoir conserver un rôle de proximité essentiel au quotidien de chacun·e. La municipalité doit pouvoir à côté de cela avoir des services de prévention et de médiation sur l’espace public qui permettent aussi de maintenir un nombre d’agents du service public à la hauteur des enjeux qui se posent pour Paris.


Quelles conclusions en tirer ?


Nous n’avons aucune visibilité sur les conséquences financières pour la ville, alors que l’enjeu de la formation des agents intervenant sur l’espace public, que ce soit en matière de sécurité comme sur tous les autres sujets est un enjeu complexe et urgent. Nous sommes convaincu·e·s que les questions de sécurité doivent relever de la Préfecture de Police et que les questions du quotidien, de prévention, médiation et d’accompagnement doivent relever de la Ville de Paris. Nous resterons très vigilants quant à sa mise en œuvre, et continuerons d’expliquer les raisons de notre positionnement.

Nous nous sommes opposés à la création de la Police Municipale. La Maire de Paris peut et a d’ailleurs fait le choix, seule, de la mettre en place. Nous savons que ce débat se détournera ensuite vers l’armement létal de ces policiers, puis vers leur gestion par les maires d’arrondissement. Croire, et faire croire, que la création d’une Police Municipale permettra de répondre aux attentes des Parisien.ne.s mais aussi des visiteurs, en matière de gestion de l’espace public est très risqué. Nous sommes inquiet·e·s des conséquences à court et moyen termes pour la ville de Paris et pour le quotidien des Parisien·ne·s

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