Émissions réelles des véhicules diesels : la fin de l’hypocrisie



Les résultats de la nouvelle étude The Real Urban Emissions (TRUE), menée par l’ICCT en partenariat notamment avec la Ville de Paris, sonnent le glas des mensonges et arrangements des constructeurs automobiles diesels, qui coûtent la vie à des milliers de personnes. Face à ce lobby puissant, les collectivités et les citoyen·nes ont les preuves nécessaires pour agir résolument contre la pollution de l’air. Ni l’État, ni l’Union Européenne, ne peuvent plus désormais fermer les yeux.


Les enseignements de ces mesures inédites en circulation réelle sont sans appel pour les véhicules diesels aux normes les plus récentes - Euro 5 et 6, classés Crit’Air 2. Leurs émissions réelles d’oxyde d’azote (NOx) sont en moyenne 6 fois supérieures aux normes, contrôlées seulement en laboratoire, et représentent 63% des émissions routières de NOx à Paris !


L’État et l’UE doivent cesser de se plier aux desideratae du lobby du diesel ! Il est incompréhensible que le ministre de l’Économie envisage de classer les plus récents véhicules diesels Euro 6 en Crit’Air 1.


Avec 1100 morts prématurées dues uniquement au non-respect des normes européennes, les citoyen·nes et habitant·es de Paris et du Grand Paris, certain·es captif·ves de leur voiture, subissent la double peine de la dégradation de leur santé, et des contraintes que font peser sur eux·elles les mesures anti-pollution. Ce sont eux·elles, et avant tout les plus modestes, les premières victimes des tricheries et manipulations des constructeurs automobiles.


Nous, élu·es du groupe Génération·s au Conseil de Paris, affirmons la nécessité d’une prise de conscience et d’actions rapides, sans lesquelles nous continuerons à faire le jeu des lobbies.

Au niveau européen d’abord, il est indispensable que les contrôles de respect des normes d’émissions soient renforcés, mis à jour régulièrement et effectués en conditions réelles, et non en laboratoire. Les normes doivent, elles aussi, être révisées.


Au niveau national, le classement Crit’Air doit être amélioré et mis en cohérence, en prenant notamment en compte les émissions des deux et trois-roues motorisés dans un souci d’efficacité et d’équité avec les voitures.


Avant tout, l’État et la Région doivent renforcer massivement les moyens financiers alloués l’accompagnement des habitants dans la transition des transports. Afin de faciliter les déplacements propres des Franciliens, le calendrier du Grand Paris Express doit être à tout prix respecté. Le développement des transports en commun doit s’accélérer, et l’aide au covoiturage être améliorée.


Au niveau du Grand Paris, il est urgent de garantir rapidement l’application effective de la ZFE intra-A86, dès 2020, avec le nécessaire financement de l’État pour l’installation de contrôles. Une réflexion sur les deux et trois-roues motorisés polluants autorisés jusqu’à 2030 sera nécessaire.


Enfin, les résultats en situation de canicule viennent préciser les actions à mettre en place par la Ville de Paris et la Préfecture de police pour éviter les situations de crise et permettre la résilience au changement climatique. Il faut envisager la mise en place exceptionnelle et préventive de la circulation différenciée en cas d’épisode de fortes chaleurs, et renforcer les interdictions de circulation des véhicules les plus polluants en prévision des pics de pollution, y compris des deux et trois roues motorisés. La gratuité des transports en commun lors des pics de pollution doit être remise en place (remplacée par Valérie Pécresse par un « forfait anti-pollution» à 3,80€).

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